Trois étudiants de l'EHESS lauréats des Prix de la Chancellerie des universités de Paris 2018

Remise des prix le 4 décembre 2018

Les Prix de la Chancellerie récompensent l’excellence de la valeur universitaire et scientifique d’une thèse de doctorat soutenue au cours de l’année civile précédant l’année d’attribution. Ils s’adressent à tous les étudiants franciliens en droit et sciences politiques, sciences économiques et gestion, médecine et sciences, lettres et sciences humaines et pharmacie.

Chaque année, 50 prix solennels de 10 000 euros, toutes disciplines confondues, 5 prix de thèse en droit privé de 2 000 euros et 12 prix honorifiques en droit et sciences économiques sont décernés.

Cette année, l'EHESS comptent trois de ses doctorantes et doctorants parmi les lauréats, dans les disciplines Lettres et sciences humaines, et Sciences économiques et gestion :

  • Alexia Blin (Centre d'études nord-américaines - Cena), reçoit le prix Lambert / Thiessé de Rosemont en Lettres et civilisations étrangères pour sa thèse intitulée « Politiser l'entreprise. Une histoire des coopératives dans le Wisconsin (années 1870 - années 1930) », sous la direction de François Weil (discipline Lettres et sciences humaines)

Alexia Blin est une ancienne élève de l’École normale supérieure de Paris. Dans le cadre de sa thèse soutenue à l'EHESS en novembre 2017, elle a effectué plusieurs longs séjours de recherche aux États-Unis, notamment dans le Wisconsin, avec le soutien d'une bourse de la Commission Fulbright. Elle est actuellement ATER au département du monde anglophone de l'université Sorbonne Nouvelle - Paris 3.
Son travail porte sur l'histoire des entreprises coopératives dans l'État du Wisconsin entre les années 1870 et 1930. Il s'agit, à travers l'histoire de ces organisations, d'explorer les tensions entre démocratie et capitalisme, dans des années de grandes transformations économiques et sociales aux États-Unis. Si elles restent des entreprises minoritaires, les coopératives sont cependant constamment convoquées par les réformateurs américains au tournant du XXe siècle. L'étude des différents groupes (fermiers, ouvriers et consommateurs) qui mobilisent la coopération pour défendre leurs intérêts montre qu'il s'agit de bien plus qu'une anecdote dans l'histoire américaine. Au contraire, l'analyse du fonctionnement de ce modèle d'économie politique permet d'éclairer les tensions qui entourent les entreprises américaines dans ces années décisives.

  • Julien Combe (Paris-Jourdan Sciences économiques - PSE), reçoit le prix honorifique Nogaro pour sa thèse intitulée « Essais en théorie de l'appariement et ses applications », sous la direction d'Olivier Tercieux (discipline Sciences économiques et gestion)

Julien Combe a réalisé sa thèse, intitulée « Essais en théorie de l’appariement et ses applications », sous la direction du professeur Olivier Tercieux au sein de l’EHESS et de l’École d’Économie de Paris (PSE). Durant celle-ci, il a effectué une visite d’un an à Columbia University. Il est actuellement post-doctorant à University College London (UCL).
Au sein de sa thèse, il étudie l'algorithme d'affectation des enseignants aux établissements publics, procédure aux enjeux importants s'il en est. Dans le premier chapitre, il montre que l’algorithme identifié dans la littérature académique, et utilisé en France pour affecter les enseignants, souffre de défauts importants qui amènent à un taux de mutations faible, et propose et étudie théoriquement un algorithme alternatif. Dans le deuxième chapitre, il utilise les données françaises pour simuler différents scénarii en cas d’adoption de ce dernier et montre qu’il serait possible d’augmenter de 35 % la mobilité des enseignants sans pour autant pénaliser les académies les moins attractives. Dans un troisième chapitre, il réalise une étude théorique d’un modèle motivé par l’interdépendance entre les procédures d’affectation des élèves et des enseignants.

Clémentine Van Effenterre est docteure en économie de l’EHESS-École d’Économie de Paris et ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Paris.
Elle est actuellement en post-doctorat à la Harvard Kennedy School.
Sa thèse, réalisée sous la direction de Thomas Piketty, porte sur l’impact des normes de genre et des contraintes institutionnelles sur les choix éducatifs, les décisions d’offre de travail et les préférences politiques. Elle a notamment étudié l’impact de la réforme des rythmes scolaires sur l’offre de travail des femmes, les effets des role models féminins sur les choix d’orientation au lycée, et si le fait d’avoir une fille affecte l’opinion des pères en matière de droit à l’avortement.
Actuellement chercheuse postdoctorale à la Harvard Kennedy School, elle travaille sur les inégalités de salaire dans le secteur de la tech.
Elle est également chercheuse associée à l’Institute for the Future of Labor (IZA) et à l’Institut des Politiques Publiques (IPP).
 

Leurs prix leur seront remis lors d'une cérémonie le 4 décembre 2018.

 

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