ReMouS - Religions monothéistes et mouvements sociaux d’émancipation

Religions monothéistes et mouvements sociaux d’émancipation : continuités et transformations dans la constitution des sujets critique.

Penser l’émancipation moderne implique souvent nier l’apport de la religion. Elle y entre soit comme objet de la critique, soit comme critique conservatrice. Par ce projet on se propose de contredire cette conception du lien entre religion et émancipation. Notre thèse est la suivante : les religions monothéistes, articulées autour du concept de justice, ont contribué et peuvent contribuer à mettre en forme des subjectivités critiques en prise avec le projet d’émancipation moderne. On s’appuie sur l’anthropologie politique de Freud pour qui la religion est le modèle d’une pratique collective protégeant la critique individuelle contre la folie. On examinera ce rôle du collectif pour la critique à travers :

1/ le mouvement ouvrier et son rapport pratique ambigu à la religion.

2/ le mouvement féministe, qui met radicalement à l’épreuve notre hypothèse de recherche postulant un lien fort entre les monothéismes et la recherche d’appuis pratiques et symboliques des politiques d’émancipation.

Monotheistic religions and emacipatory social mouvements: continuities and transformations in the constitution of the critical subject.

Reflections on modern emancipation often involve a disavowal of the contribution of religion. The latter is either criticized or portrayed as conservative criticism. This project wants to challenge this conception of the relation between emancipation and religion. Our main thesis is that monotheistic religions, structured by the concept of justice, have and still can contribute to the constitution of critical subjectivities engaged in the project of modern emancipation. This thesis implies that we consider religion as part of modernity, not as its opposite. In order to develop this thesis, we refer to the political anthropology of Freud, for whom religion is the model of a collective practice protecting individual criticism against madness. This role of the collectivity in its relation to critique will be examined by studying:

1) the worker’s movement and its ambiguous practical relation to religion;

2) the feminist movement, which radically challenges our research hypothesis of a strong link between monotheisms and the search for practical and symbolic fulcrums for politics of emancipation.

 

Partenaires et membres du projet

Bruno Karsenti, Irène Théry, Pierre-Henri Castel, Yannick Barthe, Isabelle Kalinowski, Danny Trom, Gildas Salmon, Pierre Charbonnier, Julia Christ, Edouard Gardella, Jean-Philippe Heurtin, Florence Hulak, Stefania Ferrando, Milo Lévy-Bruhl, Fethi Benslama, Laurie Laufer, Nadia Setti, Thierry Lamote, Julie Mazaleigue, Geneviève Fraisse, Annabelle Jaccard, Giorgia Tiscini, Laure Wetsphal, Frédéric Brahami, Maurizio Gribaudi, Sabina Loriga, Samuel Hayat, Anoush Ganjipour.

 

Equipes

  • EHESS-IMM
  • EHESS-CESPRA
  • Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société - Paris 7

 

Mot clés

Religion - philosophie politique - philosophie des sciences sociales - psychanalyse - philosophie et sociologie de l'émancipation

 

 

 

 

 

 

 

Informations pratiques

Lieu(x) : Paris
Acronyme:
ReMouS
Financeur:
ANR
Programme:
PRC, Sociétés innovantes, intégrantes et adaptatives (DS08) 2017
Début et durée:
01/04/2018 : 42 mois
Budget:
402 973 euros