Les “Humbles paroles” et les “Avertissements” d’Ôhara Sakingo. Les réflexions d’un maître-peintre sur les rapports du Japon avec l’étranger à la fin du XVIIIIe siècle

Au Japon, à la fin du XVIIIe siècle, on assiste à l’émergence de deux phénomènes liés : une recrudescence des navires européens dans les eaux du Pacifique nord, et l’avènement d’une génération de lettrés, qui s’interrogent de plus en plus ouvertement sur la validité de la politique shogunale en matière de rapports avec l’étranger.

Dans cette optique, un fief en particulier fait l’objet d’une attention particulière : le fief de Matsumae, situé à l’extrême sud de l’île de Hokkaido (alors appelée Ezo). De par sa position géographique unique en tant que locus de la seule frontière terrestre japonaise et son statut particulier d’intermédiaire commercial septentrional, Matsumae se trouve être à la fois le théâtre de multiples entorses au régime shogunal-domanial, et le théâtre de contacts entre Japonais, Aïnous, Européens, et Russes.

Précepteur de la famille Matsumae, le peintre Ōhara Sakingo 大原左金吾 nous livre un témoignage imprévu et édifiant sur le fonctionnement atypique du fief, dans ses Humbles paroles concernant les terres du nord (Chihoku gūdan 地北寓談), et son Avertissement concernant les terres du nord (Hokuchi kigen 北地危言). À travers ses réflexions sur le système de gouvernance domaniale, et en matière de géostratégie et de rapports avec l’étranger, Ōhara aborde des questions sensibles, et des thèmes habituellement associés à l’ère Meiji et au Japon moderne. Ces deux écrits nous livrent une vision très critique du Japon du tournant du XIXe siècle, et constituent des hérauts de changements à venir en matière de politique intérieure et extérieure.

Intervenante

Conférence dans le cadre du séminaire collectif du Centre Japon.

Informations pratiques

Date(s)
  • Jeudi 18 février 2016 - 13:00 - 15:00
Lieu(x)
  • EHESS (salle 7) - 105, boulevard Raspail 75006 Paris
Contact(s)
  • aleksandra.kobiljski@ehess.fr
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