Images et impiété dans le monde grec

La civilisation grecque est une civilisation de l’image. L’importance religieuse des images dans ce monde est d’ailleurs bien connue. Non seulement elles relayaient les innombrables mythes sur lesquels reposaient les croyances des Grecs, mais étaient aussi les supports du culte. Les statues, en particulier, constituaient une voie d’accès privilégiée à la divinité. Dans un tel cadre, l’atteinte à l’image pouvait être pensée comme une atteinte à la divinité. Mais la question des relations entre image et impiété dans le monde grec ne saurait se réduire à la seule profanation des images. L’historiographie a beaucoup insisté sur la tolérance de cette religion sans révélation ni dogme qu’était le polythéisme grec rendant en quelque sorte incongrue l’idée qu’une image ait pu être jugée inacceptable d’un point de vue religieux. Pourtant, comme les recherches les plus récentes l’ont démontré, tout n’était pas permis en matière religieuse. Que certaines représentations aient offensé la divinité ou bafoué le culte n’est donc pas impensable. Dans les faits, il est extrêmement difficile d’en déceler. Si, par exemple, de nombreuses images peintes sur des céramiques mettent en scène des actes sacrilèges, il ne convient pas de les considérer comme impies car elles condamnaient davantage l’impiété qu’elles ne la répercutaient.

Intervenant

  • Jean-Noël Allard, docteur en histoire de l’Antiquité grecque, Université Toulouse - Jean Jaurès, ANHIMA

Dans le cadre du séminaire d’Images Re-vues dirigé par Thomas Golsenne et Chloé Maillet, Images, crise, politique.

Informations pratiques

Date(s)
  • Jeudi 14 avril 2016 - 10:00 - 12:00
Lieu(x)
  • INHA (salle Fabri de Peiresc) - 6, rue des Petits Champs 75002 Paris