Soutenance de thèse

Agents de la République dans l'Empire ottoman (1875-1914) aux avant-postes de la défense du rang de la France

Résumé

Après la défaite désastreuse de 1870 contre la Prusse, la France se devait de retrouver son rang de grande puissance. L’expansion de son domaine colonial en fut l’un des moyens.  Sa relation avec l’Empire ottoman entrait dans ce cadre, notamment sous la forme d’un impérialisme financier. En parallèle, une prépondérance culturelle française s’imposait aux élites ottomanes. La propagation de l’enseignement du français sur tout le territoire de l’Empire a été essentiellement le fait des congrégations catholiques, elles-mêmes sous la protection des consuls, armés par les Capitulations et dont les fonctions à caractère politique étaient amplifiées. Le réseau consulaire en Turquie se trouve alors le plus dense de toutes les autres puissances.  L’un des axes de ce travail est l’examen de la cohérence entre les carrières des personnels nommés en Turquie et les spécificités d’un contexte oriental en pleine évolution. L’analyse des causes de la défaite avait mis en lumière les faiblesses des services extérieurs. La République a renforcé les conditions de recrutement des diplomates, des consuls et des drogmans tout en instaurant des parcours de carrière où la faveur n’avait plus sa place. Ces changements font l’objet d’une étude prosopographique. Les caractéristiques personnelles d’environ cinq cents agents et les éléments descriptifs de leur carrière sont collationnés dans une base de données destinées à des analyses statistiques. La répartition du corpus en quatre groupes selon quatre périodes de recrutement successives fait ressortir les évolutions intervenues. Pour un certain nombre de ces agents, l’examen de leurs biographies permet d’illustrer les résultats de la statistique ou de faire ressortir des exceptions significatives.  Le réseau consulaire et ses hommes sont un moyen. Pour quelles fins ? Les objectifs stratégiques de la France visés par le déploiement de son réseau font l’objet d’une comparaison avec les différentes puissances. Leur rivalité en Orient a entravé la constitution d’alliances, autre pôle majeur de la politique extérieure française. L’étude de cas réalisée à propos du Liban et du consulat général à Beyrouth soulève la problématique du clientélisme et de la signification du concept d’influence, dans une région où les catholiques sont minoritaires en nombre et ont un pouvoir économique et politique faible. Se pose dès lors la question des rapports de la France avec le monde musulman, que l’arrivée au pouvoir des Jeunes Turcs exacerbe.

Jury

  • Mme Méropi Anastassiadou-Dumont (Directrice de thèse), INALCO
  • Mme Isabelle Dasque, Sorbonne Université
  • M. Jean-Noël Grandhomme, Université de Lorraine (Nancy)
  • M. Bernard Heyberger, EHESS
  • M. Maurus Reinkowski, Université de Bâle (Suisse)
  • Mme Marie-Carmen Smyrnelis, Institut Catholique de Paris

Informations pratiques

Date(s)
  • Lundi 4 mai 2020 - 14:30
Lieu(x)
  • Visioconférence