Soutenance de thèse

La Banque islamique comme réponse à l'instabilité de l'économie de crédit

Résumé

L’objectif de cette thèse est de présenter la Banque islamique comme réponse à l’instabilité de l’économie de crédit. La lecture de la crise des subprimes au prisme du modèle post- keynésien de Minsky-Kindleberger permet d’affirmer que l’Hypothèse d’Instabilité Financière (HIF) débouche sur des propositions de gestion des crises financières. Car, si les crises sont inhérentes au capitalisme, il devient nécessaire et urgent de mettre en place des institutions à même de gérer les perturbations financières. Les réformes monétaires proposées au fil du temps par des éco- nomistes et le comité Bâle III posent le problème du développement bancaire. Dans le cas où la monnaie est séparée du crédit financier, soit le cas des reformes monétaires proposées par Fisher (1935) et ses disciples, nous rencontrons le problème du multiplicateur de crédit alors que le risque systémique est faible et il y a remise en cause de la nécessité du prêteur en dernier ressort dans ce système. Tandis que si la monnaie n’est pas séparée du crédit financier, cas des réformes monétaire proposées par des instruments de gestion tels que ceux proposées par Minsky (1982) ; Kindleberger (1989) ; Aglietta et Moutot (1993) ; Aglietta (2011) et le comité Bâle III, le risque systémique per- siste toujours. Dans ce dernier cas, c’est le prêteur en dernier ressort qui est le plus susceptible d’assumer l’objectif de la stabilité du système financier dans son ensemble en émettant de la liquidi- té ultime. L’étude comparative de deux cas de développement de banques islamiques, celui de l’Arabie Saoudite et celui du Pakistan, a montré que ces deux systèmes bancaires ont été confrontés au même problème que celui de la finance occidentale : le développement bancaire. Du fait que, si la monnaie est séparée du crédit financier – cas du Pakistan – les Banques islamiques sont à la fois moins vulnérables au risque systémique mais sont moins performantes. Alors que si la monnaie n’est pas séparée du crédit financier – cas de l’Arabie Saoudite – les banques islamiques sont plus vulnérables aux risques systémiques mais sont plus performantes. A contrario, même si la Banque islamique ne répond pas au risque systémique de l’Hypothèse de l’Instabilité de l’Économie de Crédit, elle résiste tout de même à la crise systémique de cette hypothèse du fait qu’elle ne peut en aucun cas conduire à une crise systémique comme celle des subprimes. Car, en contraste avec l’instrument du système financier conventionnel, les spécificités de l’instrument du système finan- cier islamique l’amènent à être moins vulnérable à la crise systémique.

Jury

  • M. Jacques Sapir (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Abdelwahed Omri (Directeur de these), Institut Supérieur de Gestion de Tunis
  • M. Bernard Bourdin, Institut catholique de Paris
  • Mme Virginie Coudert, Banque de France
  • M. Dhafer Saidane, SKEMA Business School Lille
  • M. Faten Zoghlami, ISCAE - Université de Manouba (Tunisie)

Informations pratiques

Date(s)
  • Vendredi 15 décembre 2017 - 15:00
Lieu(x)
  • EHESS (Salle 4), 105 boulevard Raspail 75006 Paris