Soutenance de thèse

Currency wars or monetary relics. The Global Monetary Regime in Light of Real Exchange Rate Misalignments

Résumé

Depuis l'éclatement du système de Bretton Woods, de nombreux gouvernements et banques centrales sont restés attachés à l'objectif d'un taux de change nominal stable ou fort. Cette tendance, dans un contexte de libéralisation des capitaux et de mondialisation, s'est traduite par des épisodes prolongés, parfois graves, de déséquilibre du taux de change réel, caractérisé par d'importants déficits extérieurs.  Le mouvement de convergence et d'unification monétaire dans la zone euro a été un exemple de cette vision de la stabilité monétaire, influencée par les codes de l'étalon-or classique. Les cas contraires de sous-évaluation d'origine politique dans le contexte de la mondialisation ont été largement commentés, notamment en ce qui concerne la Chine. Toutefois, de nombreuses économies émergentes ont elles aussi établi par le passé des références monétaires rigides, propices à une surévaluation réelle ou se sont félicitées de l'afflux massif de liquidités à l'échelle mondiale, considérées comme soutenant la « performance » de leur monnaie et stimulant la croissance pendant quelque temps.  Dans le contexte de la mondialisation des flux de capitaux, l'objectif de stabilité nominale, que ce soit en Europe ou dans diverses économies émergentes, a entraîné une instabilité monétaire accrue. Cet environnement monétaire, qui se caractérise par l'accent mis sur les références nominales, des liquidités mondiales massives et l'activisme des banques centrales, est lié à une évolution de l'analyse économique et des politiques vers une version en mutation du monétarisme, maintenant sous sa forme expansionniste, face aux tendances déflationnistes. Après s'être concentrée sur la lutte contre l'inflation à ses débuts, le ciblage d’inflation monétariste a évolué ces dernières années vers l'assouplissement quantitatif et les taux négatifs. Cette thèse vise à caractériser le régime monétaire mondial en analysant des cas concrets de déséquilibre du taux de change réel et leurs conséquences sur les facteurs productifs réels, notamment en termes de coûts salariaux et de productivité, en Europe, au Japon et dans les grands pays émergents. Une interprétation du traitement politique des bulles d'actifs et des doctrines de gestion de crise, de plus en plus réduites aux outils monétaires, permet de tirer des conclusions supplémentaires sur les représentations économiques qui sous-tendent le système monétaire qui a émergé dans la foulée du monétarisme, suivant ses métamorphoses historiques.

Jury

 

  • M. Jacques Sapir (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Edouard Husson, Université de Cergy-Pontoise
  • M. Dany Lang, Université Paris 13 - Villetaneuse
  • Mme Leila Talani, King’s College London

Informations pratiques

Date(s)
  • Vendredi 15 novembre 2019 - 14:00
Lieu(x)
  • Fondation Robert de Sorbon, 214 boulevard Raspail 75014 Paris