Soutenance de thèse

Le décor urbain en Chine moderne (1901-1937) : l'expérimentation des expressions plastiques et l'expérience des modernités visuelles

Résumé

L’objectif de cette thèse est d’explorer les modifications qui apparaissent dans l’espace urbain à partir de la période moderne en Chine, et singulièrement les innovations du décor urbain. Ces nouveaux objets situés dans la ville, comme le monument, le réverbère public ou l’enseigne, possèdent un sens ou une fonction esthétique, et remodèlent les aspects de la vie moderne en impactant la perception des citoyens et des passants. C’est un point de convergence de la politique et de l’esthétique qui est resté longtemps ignoré dans l’historiographie.  La thèse se développe à partir de deux arguments principaux, l’un historique et l’autre esthétique. Le premier cherche à définir la notion de modernité dans l’histoire de la Chine, en particulier pour la période 1901-1937, pendant laquelle la modernisation de l’État est considérée comme la mission primordiale des responsables chinois. Cette orientation a profondément influencé la société chinoise, et sans aucun doute le décor urbain, dans un constant débat entre la tradition culturelle chinoise et l’importation d’idées nouvelles. Le rôle des concessions étrangères, l’adaptation des conceptions occidentales, les nouvelles perspectives politiques, l’impact du développement commercial des villes, sont les points d’articulation de cette évolution historique.  Le second argument tente d’approcher concrètement, à travers les réalisations pratiques, l’expression plastique et esthétique du décor urbain. L’érection des monuments de mémoire, les mutations de la culture de la publicité et du commerce urbain, les horloges publiques ou les signalisations routières sont les principaux éléments de la transformation urbaine. Ce type d’objets joue un rôle décisif dans la nouvelle visualité urbaine, et conduit à de nouvelles expériences sensorielles pour les usagers de l’espace urbain. Nous interrogeons les principes esthétiques de ces nouvelles réalisations, en relation avec les idéologies et les techniques qui sous-tendent la modernité.  À travers ce processus, nous pouvons observer la face cachée du métarécit de l’histoire, et souhaitons établir une méthode d’interprétation de la culture visuelle de la Chine moderne.

Jury

  • Mme Yolaine Escande (Directrice de thèse), CNRS
  • M. Emmanuel Lincot, Institut catholique de Paris
  • M. David Serfass, INALCO
  • M. Sébastien Veg, EHESS
  • Mme Xiaohong Xiao-Planes, INALCO

Informations pratiques

Date(s)
  • Jeudi 9 décembre 2021 - 14:00
Lieu(x)
  • Visioconférence Afin d'affecter le moins possible la qualité de la visioconférence nous sommes contraints de limiter l'accès au public. Les personnes souhaitant assister à la soutenance devront se rapprocher du candidat.