Soutenance de thèse

Essais sur la Monnaie et le Change. Contribution à un renouvellement de la théorie des zones monétaires

Résumé

Cette thèse est composée de trois essais : un essai sur la monnaie (première partie, trois chapitres), et deux essais sur le change (deuxième partie, deux chapitres). La première partie de la thèse visera à identifier la manière dont les caractéristiques fondamentales de la monnaie interagissent entre elles.  Cela passera dans un premier chapitre par une revue des différentes définitions que l’on peut trouver de la monnaie, dans la littérature économique et en dehors, puis des fonctions prêtées à la monnaie, afin d’identifier celles qui nous semblent les plus pertinentes. Dans le second chapitre, nous ferons un détour par l’histoire et l’anthropologie pour identifier des faits stylisés des interactions entre fonctions de compte et de paiement à différentes époques. Le troisième chapitre sera l’occasion de présenter une théorie de la monnaie basée sur la notion d’espaces monétaires. La spécificité de notre approche consistera à souligner que le système d’unités de compte est à la fois une propriété des prix et des formes monétaires, tandis que la monnaie est définie comme un vecteur à deux dimensions : formes monétaires et unités de compte. La seconde partie sera composée de deux chapitres indépendants mais offrant des perspectives complémentaires sur certaines limites de la théorie acceptée des taux de change. Le quatrième chapitre portera par la taxinomie des régimes de change et proposera de réviser la hiérarchie admise, qui privilégie l’opposition entre changes fixes et flexibles. Pour ce faire, nous passerons tout d’abord en revue les différents types de régimes de change recensés par le FMI (section 1) et rappellerons les qualités qui sont habituellement prêtées aux différents types de régimes (section 2). Nous isolerons deux dimensions en particulier : la participation à l’ajustement (section 3) et la visibilité des prix (section 4), que nous utiliserons pour former un repère afin de comparer plusieurs catégories de taux de change (section 5). Il apparaîtra que l’ancrage glissant est un régime de change qui présente un compromis intéressant entre ces deux aspects. Le cinquième chapitre portera sur les crises de change. Après avoir présenté les différentes générations de modèles de crise de change (section 1), nous introduirons une distinction entre ancrage unilatéral, qui s’applique à une situation où un pays décide d’ancrer sa monnaie à celle d’un autre, et ancrage réciproque, qui reflète un engagement mutuel du groupe de pays impliqué dans le processus d’ancrage. Dans ce dernier cas, un ancrage peut être incassable. La dernière section sera consacrée à une discussion des limites du fameux trilemme de politique monétaire. Nous verrons que le trilemme souffre de multiples exceptions. Nous suggérerons donc que le trilemme est en réalité un quadrilemme, dont la quatrième pointe tient à la présence d’une contrainte sur les réserves de change.

Jury

  • M. Jacques Sapir (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Jérôme Blanc, IEP Lyon
  • Mme Jézabel Couppey-Soubeyran, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • M. Jean-François Ponsot, Université Grenoble Alpes
  • M. Gaston Reinesch, Banque Centrale du Luxembourg

Informations pratiques

Date(s)
  • Lundi 16 décembre 2019 - 14:00
Lieu(x)
  • Bibliothèque 10 rue Monsieur Le Prince 75006 Paris