Soutenance de thèse

Essays in Family Economics in Senegal

Résumé

L'Afrique de l'Ouest se caractérise par de forts taux de pauvreté et par une protection sociale et des marchés financiers formels défaillants. Dans un tel contexte, les familles remplissent des rôles importants qui façonnent la vie économique et sociale de leurs membres.  Cependant, l'efficacité de cette institution fait débat, notamment lorsqu'elle est analysée du point de vue individuel.  Ainsi, un nombre croissant d'études en économie du développement se penchent sur les coûts individuels induits par les fonctions familiales. Ma thèse de doctorat s'appuie sur cette littérature et y contribue en analysant la façon dont les décisions économiques individuelles sont prises au sein de la famille au Sénégal, et illustre des cas où la famille ne parvient pas à assurer le bien-être individuel de ses membres.  Le premier chapitre s'attache à mesurer les coûts individuels de la redistribution informelle qui a lieu au sein des réseaux sociaux et entre ces derniers, et en particulier au sein de la famille élargie. En effet, en tant que mécanisme d'assurance, de fortes pressions redistributives modifient les choix économiques individuels. En s'appuyant sur des données expérimentales, nous estimons une taxe sociale d'environ 9% et nos résultats indiquent l'existence de fortes distorsions dans les choix d'allocation individuels. Par ailleurs nos résultats montrent que la pression à la redistribution est du fait, principalement, de famille élargie et non du ménage, des cercles amicaux ou du voisinage. Le deuxième chapitre examine comment l'environnement sanitaire contraint les investissements parentaux en termes de santé des enfants. Son objectif est de déterminer si les risques concurrents en mortalité réduisent les investissements des parents dans la santé de leurs enfants. Pour cela nous faisons, dans cet article, l'hypothèse qu'il existe des complémentarités entre les investissements en santé spécifiques à certaines maladies ; et testons celle-ci en nous appuyant sur une intervention récente visant à éradiquer le  paludisme au Sénégal. Nos résultats soutiennent ce modèle de risques concurrents et impliquent que les comportements privés d'investissement en santé des parents et les politiques publiques de santé sont complémentaires. Enfin, le troisième chapitre explore comment une stratégie de gestion des risques ex-post, le mariage d'enfants, est lié aux chocs de mortalité au sein des familles. En particulier, j'examine si les décès paternels ont des conséquences néfastes en termes de transition sur le marché du mariage des jeunes orphelines. Mes résultats mettent en évidence la grande vulnérabilité de ce groupe d'enfants en termes de mariages précoces.

Jury

  • Mme Sylvie Lambert (Directrice de thèse), INRA
  • Mme Catherine Bros-Bobin, Université Paris-Est Marne la Vallée
  • Mme Pascaline Dupas, Stanford University (Etats-Unis)
  • Mme Erica Field, Duke University (Etats-Unis)
  • M. Laurent Gobillon, CNRS
  • M. Jean-Noël Senne, Université Paris-Saclay

Informations pratiques

Date(s)
  • Lundi 26 novembre 2018 - 17:00
Lieu(x)
  • Ecole d'Économie de Paris (Paris School of Economics), salle R2-01 (2e étage), 48 boulevard Jourdan 75014 Paris