Soutenance de thèse

Ethnographies et ethnohistoires des dynamiques identitaires et rituelles en Inde Centrale (Madhya Pradesh). Les interactions des Gond et des Pardhan avec le milieu hindou

Résumé

Le Madhya Pradesh offre un cas d’étude particulier, tant par la présence numérique des communautés classées comme tribales (ādivāsī) que par le panorama culturel et social dans lequel elles agissent, enrichissant le tissu des traditions différentes qui habitent cette ceinture du pays. Le témoignage d’une telle fécondité culturelle encadre le scénario socioanthropologique, ainsi que la vivacité historique qui, depuis des siècles, caractérise cette «Terre du Milieu ». L’approche comparative adoptée autour de la ritualité funéraire chez certains groups de Pardhan du Madhya Pradesh oriental a permis le développement de l’enquête dans une alternance continue et stimulante entre le savoir ancien de la tradition et culture royales gond (Rāja Gond) ‒ dont les Pardhan sont les premiers témoins et dépositaires ‒ et le niveau de pénétration de l’hindouisation conçue et qui va modifier les expériences de la dévotion et les pratiques du deuil. Sous cet aspect, la progression de l’enquête a suivi une évolution que nous définirions circulaire : du contexte urbain de Bhopal à celui rural des villages d’origine des districts de Mandlā et Dindori, le cadre ethnologique qui en est dérivé n’a pu se soustraire à la relation entre ces deux implantations. C’est à partir de la « culture funéraire» que nous avons commencé à appliquer notre regard sur les implications sociales mises en action pendant ce «perfectionnement » (saṃskāra) terminal. L’analyse des interrelations Gond-Pardhan dans l’Inde centrale nous a fourni l’occasion pour reconstituer un imaginaire culturel partagé, qui encore résiste, et entamer ainsi une réflexion sur d’autres aspects apparemment moins évidents : les relations de parenté et de lignage face aux processus de migration et d’urbanisation, ou les changements et les interactions entre les catégories de « tradition » et « modernité », les discours sur l’identité indienne/hindoue et le concept d’indigénéité. Nos terrains se sont enrichis d’un travail comparatif nécessaire, où le dialogue entre les lieux impliqués a tracé des coordonnées significatives dans la lecture de la ritualité funéraire, actualisant la thématique du pluralisme social, celle de la cohabitation avec les formes régionales de ce qui est considéré, dans l’Inde d’aujourd’hui, comme l’hindouisme classique. Des conceptions cosmogoniques et thanatologiques des Pardhan, notre enquête s’étend au rapport caste-tribu dans le contraste de milieux urbain-rural et du concept de «glocalisation » avec les redistributions qu’il pilote.

Jury

  • M. Jean-Claude Galey (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Stefano Beggiora, Université Ca’ Foscari - Venise
  • Mme Sylvia D’Intino, CNRS
  • M. Raymond Jamous, CNRS
  • Mme Tassadit Yacine, EHESS

Informations pratiques

Date(s)
  • Mardi 16 juillet 2019 - 14:00
Lieu(x)
  • EHESS (salle A07_37), 7e étage, 54 boulevard Raspail 75006 Paris