Soutenance de thèse

Fighting for and fighting through electricity. An ethnography of the civil resistance movement " Luz y Fuerza del Pueblo", from Chiapas, Mexico

Résumé

La thèse porte sur le mouvement de Résistance Civile "Luz y Fuerza del Pueblo", actif dans l'état du Chiapas, au Mexique. Surgi dans la première moitié des années 2000, le mouvement est notamment composé par des paysans d'origine indigène. Cependant, il ne peut pas être défini en tant que "mouvement paysan" ni en tant que "mouvement indigène" non plus. L'électricité étant au cœur de son existence, il considère celle-ci comme un droit fondamental, pour laquelle revendique un accès universel et non-discriminatoire. Ses activistes se branchent de façon directe au réseau électrique et opèrent une gestion autonome de ce dernier, dans les territoires sous leur contrôle. Au même temps, l'électricité n'est qu'un instrument d'une plus ample lutte politique visant l'autonomie gouvernementale et la justice sociale. Pour cette raison, l'hypothèse selon laquelle le cas de Luz y Fuerza del Pueblo puisse représenter une forme de mobilisation sociale émergente typique de l'âge de l'Anthropocène, est posée et discutée. Le travail s'articule autour de trois parties. La première partie offre une introduction au contexte du Mexique contemporain, à travers les éléments les plus récurrentes dans les narrations que les acteurs sur le terrain produisent pour décrire leurs propres conditions de vie: pauvreté, dégâts des politiqués libérales, violence structurelle, exclusion socioéconomique et politique. Dans la deuxième partie, l'état de l'art de l'anthropologie des mouvements sociaux est délinéé, et les principales orientations théoriques sur lesquelles l'étude s'appuie sont explicités. Plus spécifiquement, les processus historiques et épistémologique qui a amené l'autonomie à s'affirmer en tant que paradigme théorique et politique majeur est retracé, avec une attention particulière à comment – à partir dès derniers décennies du XX siècle – elle a progressivement inspirés les luttes paysannes d'Amérique Latine. La troisième partie est entièrement consacrée è l'ethnographie du mouvement Luz y Fuerza del Pueblo. Celle-ci se déroule à travers l'analyse détaillée des motivations des activistes, des leurs objectifs politiques et, finalement, de leurs expériences, formes et imaginaires de résistance. Le travail se conclut avec des considérations critiques sur les politiques concernant les peuples indigènes du Chiapas, annoncées par le président "socialiste" Andrés Manuel López Obrador pendant les cent premiers jours de son mandat.

Jury

  • Mme Valeria Siniscalchi (Directrice de thèse), EHESS
  • Mme Alice Bellagamba (Directrice de thèse), University of Milan-Bicocca (Italie)
  • Mme Krista Harper, University of Massachusetts, Amherst (Etats-Unis)
  • M. José Rubén Orantes Garcia, Universidad Nacional Autónoma de México
  • M. Boris Petric, CNRS
  • Mme Silvia Vignato, University of Milan-Bicocca (Italie)

Informations pratiques

Date(s)
  • Mercredi 10 juillet 2019 - 14:00
Lieu(x)
  • Université de Milano - Bicocca (salle n° 4094), bâtiment U6, 4e étage, place dell'Ateneo Nuovo, 1 - Milan / Italie