Soutenance de thèse

La financiarisation de l'économie sud-coréenne depuis 1997 : Analyse du changement de régime d'accumulation

De Pauline De Banes Gardonne - Chine, Corée, Japon (CCJ)

Résumé

Cette thèse questionne la financiarisation du régime d’accumulation en Corée du sud après la crise asiatique de 1997 à partir de l’observation des changements macroéconomiques et institutionnels importants poussés par l’adoption de politiques néolibérales ; de l’insertion croissante des entreprises dans les marchés financiers et commerciaux internationaux ; de la refonte du rôle de l’État pour promouvoir les secteurs intensifs en technologie. Le cadre conceptuel et les outils analytiques de la théorie de la Régulation, combinés à ceux de l’économie post-keynésienne, sont mobilisés pour envisager ces transformations de manière systémique, à plusieurs niveaux et à plusieurs échelles. Le travail de thèse discute les moteurs et les vecteurs qui participent à la financiarisation de l’économie politique sud-coréenne et les caractéristiques locales de ce processus global, intrinsèquement inégal et hiérarchique.  •    Le chapitre 1 De l’industrialisation à la financiarisation pose les jalons de la thèse en étudiant la dynamique macroéconomique contemporaine à la lumière des transformations politiques et institutionnelles depuis l’industrialisation. A partir d’une estimation du régime de demande en vigueur de 1980 à 2015, il est montré que le régime d’accumulation dominé par la finance qui se met en place après 1997 est tiré par le profit et entraîné par la consommation.  •    Le chapitre 2 Financiarisation le long des chaînes de valeurs examine la chute structurelle de l’investissement des entreprises manufacturières sud-coréennes en considérant le rôle de trois canaux de la financiarisation (effet d’évincement et fardeau financier) auxquels est rajouté le canal de l’intégration internationale des firmes dans les chaînes globales de valeurs (CGV). Une fonction d’investissement incluant ces trois canaux est estimée économétriquement sur données de firmes (1990-2015). Les résultats indiquent que l’effet des canaux de la financiarisation dépendent des modalités d’insertion des firmes dans les CGV. •    Le chapitre 3 La répercussion contrastée de la financiarisation sur les capacités de l’État se concentre sur les transformations institutionnelles et organisationnelles au sein de l’État liées à la financiarisation. A partir d’un travail de terrain sur les politiques de promotion des start-ups, un mécanisme de changement institutionnel au sein de la structure étatique est identifié, celui de sédimentation. En promouvant les start-ups via l’industrie du capital-risque, les agences d’État tendent à adopter les pratiques et représentations du secteur financier, ainsi qu’à donner plus de poids aux acteurs financiers privés, ce qui pèse sur ses capacités d’innovation.

Jury

  • M. Sébastien Lechevalier (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Robert Boyer, EHESS
  • M. Cédric Durand, Université Paris  13
  • M. Keun Lee, Seoul National University
  • Mme Valérie Revest-Arliaud, Université lyon 2
  • M. Engelbert Stockhammer, King’s college London

Informations pratiques

Date(s)
  • Mercredi 5 décembre 2018 - 12:00
Lieu(x)
  • EHESS (salle A07_37), 54 boulevard Raspail 75006 Paris