Soutenance HDR

Los hombres entigrecidos. Hecho colonial, mitologia nacional y violencia en la cuenca media del rio Magdalena, Colombia

De Adrian Eduardo Serna Dimas - Laboratoire d'anthropologie sociale - LAS

Résumé

La thèse montre les résultats du projet de recherche doctorale intitulé « Colonialisme, conflit armé et luttes pour la mémoire. Une étude anthropologique de la région du Magdalena Medio, Colombie, Amérique du Sud ». Le projet fut réalisé dans le Laboratoire d’Anthropologie Sociale LAS – Collège de France et l’École Doctorale en Anthropologie Sociale et Ethnologie (ED286) de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris EHESS, sous la direction de Mme. Tassadit Yacine-Titouh. La région du Magdalena Medio s’étend sur le bassin moyen du fleuve Magdalena, une vaste vallée entre la Cordillère oriental et la Cordillère central, deux chaînes de montagnes des Andes Septentrionales en Colombie (Amérique du Sud). Jusqu'à récemment, la région du Magdalena Medio fut une frontière intérieure d’une apparence sauvage, qui hébergeait les survivants des anciens peuples indigènes de filiation Karib ou Caraïbe ainsi que certains vieux hameaux et villages d’origine espagnole appauvries. La région était une enclave par l’absence de moyens de communication, un refuge fréquente des groupes séditieux, dissidents ou insurgés et un territoire ouvert tant pour la colonisation des paysans pauvres que pour l’acquisition de terrains de la part des grandes entreprises commerciales. De la même manière, cette région était historiquement connue pour abriter quelques unes de plus grandes richesses du pays: les principales mines de l’or et d’émeraudes, les exploitations forestières comme la quinquina, les cultures tropicales comme la canne à sucre, le tabac, l’indigo, le café et le palmier à huile, l’élevage de bétail dans les plaines, les industries du gaz et pétrole et, plus récemment, les cultures de coca et de pavot. La coexistence de marginalité et richesse fut déterminant pour que la région du Magdalena Medio ait été l’épicentre de la violence colombienne au cours du dernier siècle : la violence des partis politiques libéral et conservateur depuis les années 1930, la violence des bandes des bandits (ou bandoleros) depuis les années 1950, la violence associée à l’apparition des guérillas de gauche depuis les années 1960, la violence déclenchée par les groupes de justice privée depuis les années 1970 et la violence provoquée par les paramilitaires depuis les années 1980. Dans le contexte de ces violences furent commis certains des crimes le plus horribles de la longue histoire de la violence colombienne. Cette recherche doctorale eut pour objectif principal de clarifier quel rôle joua la culture de chaque province de la région du Magdalena Medio dans la production et la reproduction d’une violence de caractères « quasi » endémiques et ses implications en la construction d’une mémoire régionale.

Jury

  • Mme Tassadit Yacine (Directrice de thèse), EHESS
  • M. Alain Joxe, EHESS
  • M. Franck Poupeau, CNRS
  • M. Jair Preciado Beltran, Universidad Distrital Francisco José de Caldas

Informations pratiques

Date(s)
  • Lundi 20 novembre 2017 - 14:00
Lieu(x)
  • Laboratoire d'Anthropologie Sociale - LAS (salle 311), 3 rue d'Ulm 75005 Paris