Soutenance de thèse

La mémoire en morceaux. Une ethnographie de la patrimonialisation des minorités LGBTQI et de la lutte contre le sida

Résumé

Enquêter sur la patrimonialisation des minorités LGBTQI (lesbiennes, gays, bis, trans, queer et intersexes) et de la lutte contre le sida en France m’a conduit à repérer et à analyser une série de situations, qui remontent au début des années 1980, à l’articulation entre trajectoires personnelles, mondes des associations et des institutions. Ces situations traduisent des questionnements et des prises de conscience, des modes de résistances ou d’acceptations, des formes d’attachements et des registres d’émotions qui façonnent les tensions que traversent acteurs et actrices de la patrimonialisation et de la mémoire.  Ces situations et ces rencontres forment le tableau d’une complexité d’enjeux, de lieux et de positionnements, complexité qui adresse des questions fondamentales : quelles relations entretenir avec les mort·es ? Comment s’inscrire dans le temps ? Le sida, le genre ou la sexualité ont-t-ils leur place au musée ? Comment constituer et transmettre la mémoire d’une lutte sociale et politique ou d’une culture minoritaire ? Comment garder cette mémoire vivante, active et signifiante ? Qu’est-ce que collecter une trace ? Que nous racontent-elles, que nous font-elles faire ? L’État peut-il ingérer sans hoquet les archives et objets des groupes et des personnes l’ayant combattu ou existant dans ses marges, et ces groupes et personnes les lui donner sans contorsion ?  Ma recherche est nourrie d’une expérience de trois ans, en contrat CIFRE, au Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée ainsi que de mon implication dans plusieurs projets militants, au Collectif Archives LGBTQI à Paris et à Mémoire des sexualités à Marseille. Ce travail de terrain s’appuie sur l’exploration de différents fonds d’archives et de documentation, qu’ils soient publics ou privés, sur des éléments de mise en perspective internationale (Allemagne, Pays-Bas, États-Unis, Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande, Australie) et sur la réalisation d’une trentaine d’entretiens compréhensifs avec des professionnel·les du patrimoine, des responsables politiques, des chercheurs et chercheuses, comme des militant·es associatif·ves.

Jury

  • Mme Véronique Moulinié (Directrice de thèse), CNRS
  • Mme Cécile Boëx, EHESS
  • M. Bruno Brulon Soares, Université de l’Etat de Rio de Janeiro
  • Mme Véronique Ginouvès, CNRS
  • Mme Ellen Hertz, Université de Neuchâtel
  • M. Cyril Isnart, CNRS
  • Mme Anne Monjaret, CNRS
  • M. Gianfranco Rebucini, CNRS

Informations pratiques

Date(s)
  • Mardi 23 novembre 2021 - 13:30
Lieu(x)
  • Visioconférence Afin d'affecter le moins possible la qualité de la visioconférence nous sommes contraints de limiter l'accès au public. Les personnes souhaitant assister à la soutenance devront se rapprocher du candidat.