Une nation missionnaire africaine

De

Thèse soutenue par Sandra Fancello

Préparée sous la direction de André Mary

Président du jury : M. Pierre-Joseph Laurent, Professeur à l'université de Louvain-la-Neuve (Belgique)

Jury : M. Jean-Pierre Bastian, Professeur à l'université Strasbourg-II
M. Erwan Dianteil, Maître de conférences à l'EHESS
M. Joseph Tonda, Professeur à l'université de Libreville (Gabon)

Spécialité : Anthropologie sociale et ethnologie


Cette thèse a pour objet l'étude de la formation historique et de l'évolution comparée d'une Église pentecôtiste africaine, fondée au Ghana par un missionnaire écossais au début des années 1950. Par le biais de l'expansion missionnaire de la Church of Pentecost, les leaders ghanéens furent confrontés très tôt aux autres communautés nationales, voire nationalistes, revendiquant le partage du pouvoir.

À partir de trois terrains privilégiés (Burkina Faso, Côte d'Ivoire, France), ce travail met en évidence les malentendus de la collaboration missionnaire qui traduisent la posture ambivalente d'une Église qui se pense à la fois « indigène » et transnationale. Cette ambivalence se retrouve auprès des fidèles born again, qui se définissent comme de « nouvelles personnes » (« nées de nouveau ») tandis qu'ils s'affirment plus profondément africains (et même ghanéens ou ivoiriens) que jamais. Les enjeux de la conversion individuelle relèvent ici d'une crise identitaire à travers laquelle on ne devient pas seulement une « nouvelle personne » mais on s'affirme dans une identité renouvelée qui est un retour imaginaire à une identité originelle qui s'exprime moins ici par l'ouverture au monde globalisé que par la création de nouveaux espaces identitaires qui sont autant de lieux d'expression d'une identité africaine réaffirmée.

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