Soutenance de thèse

Provincialiser » la Révolution verte : savoirs, politiques et pratiques de la conservation de la biodiversité cultivée (1943-2015)

De Marianna Fenzi - Centre Alexandre Koyré - CAK

Résumé

Le problème de l’accès aux ressources génétiques des plantes pour la sélection variétale est au cœur de la Révolution Verte. A partir des années 1960, les sélectionneurs font de la disparition des variétés locales sous l’effet de la diffusion de nouvelles variétés génétiquement homogènes un problème public à l’échelle mondiale. Dans une perspective qui croise la recherche d’archives et l’enquête de terrain, cette thèse revient sur la formation de ce problème, sur sa trajectoire historique et ses enjeux actuels. Il s’agit d’analyser l’hétérogénéité des savoirs scientifiques et des approches qui sont développés sur le thème de la conservation des ressources génétiques dans les arènes internationales. L’étude des débats et des initiatives menés dans le cadre de la FAO permet de comprendre quels sont les savoirs légitimés, lesquels sont marginalisés et comment la nature et les contours du problème ont été négociés. La place que les ressources génétiques occupent au cours d’épisodes clés de la Révolution Verte est également au cœur de ce travail. Cette thèse analyse spécifiquement l’importance accordée aux variétés locales de maïs dans le programme agricole que la Fondation Rockefeller met en place au Mexique à partir de 1943. Alors que le maïs hybride est généralement présenté comme un vecteur de la modernisation agricole, cette thèse montre que les experts sont confrontés à l’échec du paradigme d’amélioration variétale qu’ils étaient censés exporter. Face à une innovation uniquement applicable à une échelle très limitée, les semences paysannes du maïs restent l’option variétale la plus utilisée au Mexique. Ce travail montre que ce sont bien les choix pragmatiques des agriculteurs qui constituent le fondement de la conservation, de facto, des ressources génétiques du maïs dans ce pays.

Jury

  • M. Christophe Bonneuil (Directeur de thèse), CNRS
  • M. Pierre-Henri Gouyon (Co-directeur), Muséum national d’histoire naturelle
  • M. Serge Bahuchet, Muséum national d’histoire naturelle
  • M. Jean-Paul Gaudillière, EHESS
  • Mme Isabelle Goldringer, INRA
  • M. Pierre-Benoit Joly, INRA
  • Mme Elena Lazos Chavero, Universidad Nacional Autonoma de México (UNAM)

Informations pratiques

Date(s)
  • Mardi 28 novembre 2017 - 09:30
Lieu(x)
  • Centre Alexandre Koyré (EHESS), 27 rue Damesme 75013 Paris