Soutenance de thèse

Recherches sur les fédérés et l'armée romaine (de la fin du IIe siècle après J.-C. au début du VIIe siècle après J.-C.)

Résumé

La recherche sous la direction de J.-M. Carrié, a porté sur les fédérés (foederati), ces combattants barbares servant dans leurs propres formations – parlons de contingents pour ne pas les confondre avec les unités régulières de l’armée romaine impériale – ethnico-tactiques sous commandement de leurs propres chefs ethniques. Les contingents qui apparaissent sous l’appellation technique foederati au Ve siècle étaient fournis à l’Empire par des peuples ou groupes ethniques alliés de l’Empire en vertu de traités que nos sources désignent par les termes foedus/foedera, spondê/spondai, synthêkê/synthêkai : on peut nommer ces groupes, des gentes foederatae ou encore enspondoi et hypospondoi, ces termes mettant tous l’accent sur le lien diplomatique via le foedus/spondê entre l’Empire et la gens. A la dimension diplomatique, s’ajoute la dimension militaire du phénomène qui trouve, particulièrement, son expression dans le vocabulaire de l’alliance, societas et symmachia (symmachos/symmachoi, symmachein) et de l’auxiliariat (auxilium, auxilia, auxiliarii, auxiliares) ainsi que, parfois – toujours dans le vocabulaire classique de la diplomatie romaine –, dans le vocabulaire de l’amitié (amicitia/philia). L’analyse terminologique permet de mesurer comment les auteurs anciens utilisent le vocabulaire classique pour constituer un filtre que l’historien doit dépasser pour appréhender les réalités propres aux fédérés (foederati) : il ressort de cette analyse que, techniquement, les foederati sont des auxiliares ou des symmachoi ainsi que le montrent de nombreux auteurs, latinophones comme hellénophones.   L’apparition du terme technique foederati dans les sources latines et du terme phoideratoi dans les sources grecques du Ve siècle, ne doit pas tromper l’historien et le conduire à penser que le phénomène des fédérés se réduit au Ve siècle. Au contraire, il faut interpréter l’emploi du terme foederati à partir des années 400 comme le recours à un terme ancien remontant à la République pour désigner non pas une nouvelle réalité, mais plutôt un nouvel aspect d’une réalité déjà bien connue des Romains – celle des contingents fournis par les alliés (socii, symmachoi) en vertu de traités (foedera) – en particulier depuis le basculement stratégique introduit par les guerres danubiennes sous Marc Aurèle qui annoncent les difficultés à venir de l’Empire au IIIe siècle – puis aux Ve et VIe siècles – et la nécessité pour ce dernier de trouver des solutions politiques, diplomatiques, militaires et stratégiques aux nombreux périls qui menacent l’ordre impérial : le recours au substantif foederati a répondu désormais à la nécessité de désigner des combattants barbares levés par foedera/spondai auprès de gentes établies sur le sol impérial (gentes foederatae intra fines imperii), les Goths incarnant, après la catastrophe d’Andrinople et les choix faits par Théodose dans les années 380, les premières « véritables » gentes établies par foedera/spondai dans l’Empire, alors que le terme servait à désigner les contingents ethnico-tactiques fournis par des gentes foederatae restées extérieures au territoire impérial. Ainsi, à l’exception de rares cas au IIIe et au IVe siècle, les gentes foederatae restaient jusque-là des gentes extérieures au territoire impérial qui fournissaient des combattants, les foederati qu’il conviendrait de nommer foederati extérieurs pour les distinguer des foederati impériaux fournis par les gentes établies dans l’Empire (intra fines imperii) à partir des années 380 dans la Pars Orientis et à partir des années 400 dans la Pars Occidentis.  Une analyse fine et contextualisée des sources restituant une stratigraphie sémantique et révélant les anachronismes d'historiens dénommant et décrivant d'après la situation de leur époque des phénomènes passés et dépassés a permis de mettre en lumière cette évolution masquée par la continuité de la terminologie. Cette méthode, particulièrement exigeante, a fait défaut à l'ensemble de la bibliographie existante. Outre les textes littéraires, historiographiques, paralittéraires et juridiques, le corpus documentaire couvre l'éventail complet des sources disponibles (épigraphiques, papyrologiques, numismatiques, archéologiques, figuratives).  Si le phénomène des foederati est ancien, les admissions territoriales de groupes barbares par foedera/spondai lui conférèrent de nouveaux aspects. Par l’établissement territorial de gentes qui deviennent des gentes foederatae intra fines imperii, l’Empire appliquait à des groupes un mode de gestion de relations romano-barbares jusque-là réservé aux gentes extérieures au territoire impérial : la conclusion de foedera/spondai. Par l’établissement territorial de gentes barbares, l’Empire devait traiter avec des groupes en capacité de négocier avec le pouvoir impérial. Pris dans une logique de rapports de force modifiés, sur son sol et sur ses frontières, l’Empire devait utiliser ces gentes sans perdre de vue ses intérêts, qu'ils soient militaires, tactiques, stratégiques, démographiques ou financiers.    Sur le plan militaire et tactique, l’analyse des sources permet de voir comment l’Empire s’efforçait d’utiliser les gentes et leurs combattants, en fonction de leur niveau de spécialisation fonctionnelle tactique et militaire, pour répondre à des besoins militaires ponctuels lors des expeditiones, dans ou hors de l’Empire, pour des opérations militaires spécifiques (terrain de montagne, zones arides ou désertiques d’Afrique ou d’Orient, guérilla, etc.), pour des besoins défensifs (dans les duchés provinciaux aux côtés des duces) ou encore pour faire face à des ennemis (Goths, Huns, Avars, Perses, Arabes …) dont les aptitudes au combat, techniques et tactiques, nécessitaient de recourir à des combattants barbares offrant dans le cadre des foedera, une maîtrise tactique et opérationnelle qui pouvait faire défaut aux soldats romains (archers montés, troupes de montagne, cavalerie légère, cataphractaires, cavaliers composites lanciers et archers … ) : ainsi employait-on des Huns contre les Goths, des cavaliers arabes contre cavaliers arabes … . L’étude de plusieurs batailles rangées (Frigidus, Champs catalauniques, Busta Gallorum, Hippus/Hippis (550), Latara …) permet de comprendre comment les généraux romains intégraient les fédérés à leurs schémas tactiques et opérationnels et montre également de quelle manière troupes régulières et contingents fédérés étaient capables d’opérer conjointement sur le plan tactique, ce qui permet de nuancer l’idée d’un affaiblissement de la machine de guerre impériale par « l’injection » de troupes barbares, même si le niveau d’intégration de contingents pouvait être variable : à l’occasion, l’Empire, pour préserver les forces romaines, n’hésitait pas à privilégier l’engagement de ces contingents dont l’emploi devait alors être justifié auprès de l’opinion publique par une idéologie impériale dont les discours de la rhétorique de l’éloge conservent la trace.   Pour contrôler ces combattants, l’Empire n’avait pas d’autre choix que de s’en remettre aux chefs ethniques dont la médiation était essentielle pour lever les troupes, les commander, les encadrer, les conduire au combat, les démobiliser et les attacher à l’Empire. Cette médiation, essentielle, représentait néanmoins un danger quand les autorités romaines devaient multiplier les concessions et quand l’armée impériale n’était pas suffisamment forte pour tenir en respect ces chefs allogènes (Alaric, les différents Théodorics, Al-Mundhir, Cusina, etc.) et leurs troupes qui pouvaient être l’outil au service d’ambitions personnelles ainsi qu’un moyen, pour une gens, d’améliorer ses conditions matérielles en obtenant de nouveaux avantages (rétributions, honneurs …) ou de nouveaux territoires d’installation dans l’Empire. Pour autant, à partir du Ve siècle, dans la Pars Occidentis, mais aussi dans la Pars Orientis, et sur les régions des confins extérieurs de l’Empire, la documentation permet d’appréhender le rôle des chefs fédérés comme médiateurs entre leurs gentes et l’Empire, mais aussi, dans la Pars Occidentis, comme médiateurs entre l’empereur et les populations romaines qui vivaient aux côtés des gentes dans les territoires concédés. L’octroi de titres (patrice …), de commandements (magister utriusque militiae …) pour des chefs comme Alaric, Théodoric, Gundioc ou Gondebaud par exemple, la promotion par l’empereur de certains de ces chefs comme des « super-rois » (les phylarques jafnides par exemple, certains princes ibères et persarméniens, le chef maure Cusina …) participent à une même logique : attacher ces chefs à l’Empire tout en assurant leur contrôle sur les gentes pour leur confier des fonctions de protection des régions de confins extérieurs, des provinces et territoires des duchés sur les frontières impériales, avec le risque d’un pouvoir grandissant de ces chefs conduisant alors à leur élimination ou à leur substitution par promotion d’autres chefs. Le maintien d’un équilibre entre le pouvoir impérial et ces gentes passait par le recours à l’armée impériale qui permettait de contenir – parfois par le recours aux fédérés d’autres gentes – les prétentions et ambitions des chefs et de leurs gentes mais aussi par la diplomatie qui, dans le cadre des traités conclus et de leurs clauses – dont on peut reconstituer les principes majeurs, les aspects généraux et les grandes lignes –, s’accompagnait de rétributions de diverse nature (numéraire, livraisons alimentaires, présents ...) qui devaient garantir le respect des clauses et dispositions générales des traités. Ces rétributions « diplomatiques » se distinguaient, fonctionnellement, des rétributions proprement militaires destinées à la rémunération des contingents fédérés engagés, foederati impériaux comme foederati extérieurs. Ces rémunérations désignées parfois comme annonae, étaient délivrées selon des temporalités différentes pour assurer la fidélité des troupes et prenaient des formes variables (numéraire, en nature) avec cependant des différences selon les conditions du service armé des foederati, les combattants cantonnés à des fonctions de police ou de garnison étant moins bien rémunérés que les fédérés rattachés au comitatus ou servant sous commandement des magistri militum, praesentales comme régionaux. Les contingents fédérés tiraient également une part de leur ravitaillement de leurs ressources propres. On avance l'hypothèse que le pouvoir impérial se soit efforcé d’encadrer administrativement les rétributions des combattants fédérés, ce qui aurait conduit, dans l’Empire de Justinien, à la formation de nouvelles unités de l’armée impériale, les phoideratoi byzantins qui tirent leur origine de groupes goths établis dans l’Empire comme gentes foederatae.  Avec les admissions territoriales (Goths, Alains, Burgondes, Francs, Gépides, Vandales, Hérules, Lombards, Avars …), la question de la nature et des fonctions des terres remises aux gentes est posée. De nombreux indices laissent penser que ces terres étaient cédées théoriquement par l’Empire et qu’elles servaient à assurer la subsistance des groupes que l’on cherchait à fixer sur le sol impérial, civils comme soldats, en confiant aux productions issues du travail agricole par les éléments civils de ces groupes la fonction de couvrir leurs besoins collectifs, ce qui dispensait l’Empire de rémunérer leurs éléments combattants lorsque ces derniers n’étaient pas mobilisés en opération. Par ailleurs, les ressources de la terre ont pu permettre de couvrir le coût de l’équipement des soldats. Enfin, en assurant les subsistances de la gens foederata, la terre était un moyen pour offrir les garanties indispensables à la perpétuation du groupe et des familles qui le composaient, à charge pour chaque famille de fournir un ou plusieurs combattants et d’assurer le renouvellement de cette prestation. Ces mécanismes annonceraient, à certains égards, le système d’entretien des soldats byzantins dans les thèmes de l’Empire méso-byzantin.  Du point de vue des ressources impériales, l’emploi des combattants fédérés fournis par les gentes foederatae extra fines imperii comme par les gentes foederatae intra fines imperii représentait un moyen de réduire le coût de la machine de guerre de l’Empire par rapport aux coûts des troupes régulières, quand bien même les installations territoriales de gentes s’accompagnaient de l’octroi, pour les terres concédées, d’exemptions fiscales. L’affectation de ressources fiscales à l’entretien des gentes foederatae sous la forme des rétributions diplomatiques et des rémunérations versées à leurs troupes était considérée comme suffisamment avantageuse puisque ces gentes offraient, en particulier, un renouvellement de recrues et des combattants ayant un certain de niveau de spécialisation tactique dont les troupes romaines pouvaient manquer. Ce sont des arguments mis en valeur par la propagande impériale pour justifier l’emploi militaire des gentes foederatae et de leurs combattants, en insistant sur les avantages démographiques et politiques d’un tel emploi, sur les atouts financiers et militaires. En outre, la rhétorique du pouvoir mettait en avant l’idée que l’Empire affirmait ainsi sa domination universelle tout en soumettant des gentes qui, sauvées de l’extermination, favorisées par la philanthropie de l’empereur et aidées dans leur développement matériel par les largesses impériales, se mettaient au service de l’Empire et participaient à la défense collective dans un système combinant l’emploi des troupes régulières, des contingents fédérés et de la diplomatie. Dans le cadre de cette diplomatie, les traités (foedera/spondai/synthêkai) n’étaient pas seulement des moyens pour réguler les relations avec les gentes mais aussi un outil pour procéder à la levée, contractuelle, de combattants mobilisés, ponctuellement et temporairement, en réponse à des besoins spécifiques, même si les gentes, leurs combattants et chefs, pouvaient contester ce mode d’emploi et de mobilisation, afin de le rendre plus attractif et politiquement, militairement et matériellement, plus avantageux pour eux.       A partir des années 160-180, le recours aux contingents fournis par des gentes foederatae devint un mode de gestion des ressources humaines, militaires, financières de l’Empire afin de répondre aux impératifs stratégiques qui conditionnaient la survie du système impérial. De ce fait, avec les nouveaux équilibres diplomatiques et stratégiques issus de la crise du IIIe siècle, aggravés à partir de la fin du IVe siècle, l’emploi des fédérés, de ponctuel (contre des agresseurs extérieurs, pendant les guerres civiles), devint régulier, notamment dans les guerres extérieures, pendant tout le IVe siècle. La crise amorcée par Andrinople et la crise des années 400-410 en Occident, en bouleversant les équilibres diplomatiques et stratégiques, créèrent les conditions pour l'installation territoriale de gentes dont les combattants furent employés dans les guerres impériales contre les ennemis intérieurs (soulèvement barbare, troubles civils et urbains, soulèvement de type bagaude, conflits religieux), les guerres civiles et même encore pour les campagnes contre des ennemis extérieurs. En parallèle, l’Empire continuait d’utiliser les foederati fournis par les gentes extra fines imperii pour compléter ou contrebalancer les foederati impériaux. D’une certaine manière, de ponctuel et conjoncturel, l’emploi des foederati devint, à partir des années 380, presque structurel et il ne cessa pas de l’être jusqu’au règne d’Héraclius étant donnée la multitude de menaces et de partenaires diplomatiques potentiels avec lesquels l’Empire devait compter.  Une analyse de la documentation permet, enfin, de faire apparaître une certaine intégration des foederati et des gentes foederatae à ce qu’il semble possible de nommer le système stratégique impérial. Les cas de figure, étudiés un à un, permettent de dégager diverses déclinaisons de cette intégration. Ainsi, les foederati extérieurs des gentes foederatae extra fines imperii agissaient pour protéger les abords du territoire impérial et empêcher les incursions ennemies, missions qu’assuraient également les foederati impériaux fournis par les gentes foederatae intra fines imperii établies à proximité des frontières impériales. La politique de foedera permettait à l’Empire d’avoir, sur ses frontières, extra fines imperii, des groupes fédérés qui étaient ainsi le vecteur de l’influence impériale. Mais les fédérés, foederati impériaux fournis par les gentes foederatae intra fines imperii à proximité des frontières impériales pouvaient participer à des campagnes au cœur de l’Empire contre un envahisseur ou une révolte (usurpation) tout comme les foederati impériaux des gentes foederatae établies sur le sol impérial au cœur de l’Empire. Les foederati extérieurs pouvaient être amenés à intervenir au cœur de l’Empire contre un envahisseur ou une menace intérieure (usurpation) ou encore à participer, aux côtés des troupes impériales, aux campagnes hors de l’Empire (Héraclius contre la Perse par exemple). Les foederati impériaux (et plus rarement foederati extérieurs) pouvaient également être chargés de conduire des opérations de police et répression sur le sol impérial face aux soulèvements qui menaçaient l’ordre impérial (garnisons, répressions contre des troubles internes) et dans certaines régions de l’Empire, le maintien de l’ordre impérial ou de l’influence impériale, dépendait étroitement de la participation des foederati (Maures dans l’Afrique byzantine, Saracènes en Orient).   L’emploi des foederati par l’Empire pour mener ses guerres est loin d’avoir revêtu les formes d’indépendance que l’on prête souvent aux gentes foederatae dans leurs rapports avec le pouvoir impérial. Ce dernier, dans une logique de contrôle (encadrement, logistique, idéologie, médiation des chefs …), s’est efforcé, avec pragmatisme, d’intégrer, volontairement et/ou sous le poids des contraintes locales, régionales, les foederati au système militaire impérial au point, de considérer les gentes foederatae et leurs combattants (foederati impériaux, foederati extérieurs), comme autant d’outils pour gérer, avec plus de flexibilité, les coûts d’entretien de la machine de guerre impériale (mobilisation/démobilisation, rétributions partielles, mobilisation à la demande selon les besoins, entretien par les revenus des terres cédées aux gentes foederatae intra fines imperii, emplois conjoncturels des foederati extérieurs …). Considérant avec intérêt les atouts tactiques qu’offraient ces foederati, les empereurs et élites dirigeantes, notamment les cercles militaires, ont vu les gentes foederatae comme offrant des réponses aux défis tactiques et stratégiques rencontrés par l’Empire de la fin du IVe siècle au début du VIIe siècle : que les foederati se soient vus donner, volontairement dans le cadre d’un programme assumé, ou sous le poids de contraintes conjoncturelles, une place majeure dans les forces impériales, il semble clair que le phénomène des gentes foederatae a pu être considéré comme un moyen – une occasion ? – pour gérer différemment les ressources humaines, financières et militaires d’un Empire confronté à de nouveaux défis stratégiques face auxquels le recours aux seules forces « traditionnelles » de l’armée impériale régulière – et aux moyens d’entretenir cette dernière –, ne permettait plus de répondre. Si le phénomène a échappé au contrôle du pouvoir impérial en Occident, il pourrait avoir inspiré des solutions au pouvoir impérial oriental dans l’organisation thématique byzantine.

Jury

  • M. Jean-Michel Carrié (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Alain Chauvot, Université de Strasbourg
  • M. Peter Heather, King’s College London
  • M. Avshalom Laniado, Tell Aviv University
  • M. Giusto Traina, Université Paris-Sorbonne

Informations pratiques

Date(s)
  • Samedi 8 décembre 2018 - 14:00
Lieu(x)
  • Institut National d’Histoire de l’Art (INHA), 2 rue Vivienne 75002 Paris