Soutenance de thèse

Le solidarisme comme "cure convenable" du mal social (des lendemains de la Révolution à la veille de la Première Guerre mondiale)

Résumé

Ce travail se propose de traiter du solidarisme, non pas seulement comme d’un mouvement réformateur, mais comme le fruit d’un siècle de luttes et de tâtonnements d’une élite intellectuelle, politique et administrative. Une élite administrante, qui, préoccupée par un danger social duquel elle se sentait responsable, tenta d’y remédier. Cette élite apercevait dans ce danger une menace fatale pour elle-même et pour la société tout entière. Solidarité, l’ouvrage publié par Léon Bourgeois en 1896, marqua pour un temps l’unité « solidariste » réalisée de cette élite et constitua un mouvement politique homogène sociologiquement et disciplinairement disparate qui, né de l’hygiénisme et des révolutions médicales, voulut se saisir des méthodes étiologiques des sciences physiologiques pour isoler les sources du « mal social » et en trouver la « cure » convenable. La véritable originalité du solidarisme fut de se constituer en une « école » et d’établir cette « cure » convenable en se proposant d’identifier, grâce aux sciences sociales, l’être social comme un ensemble de normes et de liens, comme un fait de solidarité. En se proposant de soigner ces maladies décelées par une cure juridique appropriée ; une cure fondée sur ces mêmes sciences, le solidarisme tenta d’imposer un nouvel horizon normatif, une réforme du droit et de l’organisation sociale où toutes les obligations se justifiaient par l’emprisonnement mutuel de l’individuel et du collectif dans la solidarité.

Jury

  • M. Paolo Napoli (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Frédéric Audren, CNRS
  • Mme Barbara Biscotti, Università di Milano - Bicocca
  • M. Claude Didry, CNRS
  • Mme Anne Simonin, CNRS
  • M. Michele Spano, EHESS

Informations pratiques

Date(s)
  • Vendredi 29 mars 2019 - 14:00
Lieu(x)
  • EHESS (salle 13), 105 boulevard Raspail 75006 Paris