Soutenance thèse, Julie Lourau : "Fêtes, identités et tourisme à Salvador de Bahia. Les « pauvres » du commerce de rue dans la « fête monde » carnaval : population noire et informalité ".

De
Soutenance de thèse de Julie Lourau, mardi 29 janvier 2013, 14h, EHESS-CEAf préparée en cotutelle EHESS / UFBA

Fêtes, identités et tourisme à Salvador de Bahia. Les « pauvres » du commerce de rue dans la « fête monde » carnaval : population noire et informalité 

Composition du jury : Michel AGIER, directeur d'études à l'EHESS | Heitor FRUGOLI, Professeur à l'Université de Sao-Paulo | Maria Rosario GONÇALVES DE CARVALHO, Professeur à l'Université Fédérale de Bahia | Dominique VIDAL, Professeur à l'Université Paris-Diderot

 Résumé :Cette thèse a comme point de départ, une ethnographie des marchands de rue pendant les fêtes populaires et le carnaval de Salvador de Bahia. La question centrale que cette étude soulève est celle de la place accordée à la culture noire dans la société brésilienne, particulièrement lorsqu’elle est le produit d’acteurs noirs et pauvres, comme c’est le cas avec les marchands de rue. Pour cela, deux traditions de recherche sur le terrain brésilien sont simultanément mises en oeuvre. L’une relève des études sociologiques débutées dans les années 1930 (Bastide), de la culture bahianaise vue et entendue en tant que culture syncrétique, où les 3 races fondatrices du Brésil (l’Européen, l’Indien et l’Africain) vivent dans une « entente cordiale». L’autre est plus récente, liée à l’anthropologie urbaine (Hannerz) ou à une anthropologie de la ville (Agier) dans laquelle les dynamiques identitaires sont travaillées à partir de l’étude des «régions morales » de Salvador et de ses fêtes révélant les dynamiques de marginalisation et de fragmentation en œuvre dans la ville. Ces deux perspectives nous permettent finalement de mettre en rapport la vision syncrétique (qui est celle des marchands de rue) et celle des logiques urbaines et globales (qui sont celles des pouvoirs publics), révélant ainsi le dilemme identitaire (rencontré par la chercheuse en Sciences Sociales que je suis) des marchands de rue de Salvador: Sont-ils des « afro-descendants » maintenant une tradition de commerce de rue qui était celle des Africains de Salvador ? Ou bien sont-ils des « pauvres » à la recherche d’un moyen de survie dans le panorama économique actuel (bien représenté par le volet du tourisme festif) ?

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