Soutenance de thèse

Three Essays in Macroeconomics of informality

Résumé

Le secteur informel joue un rôle important sur le marché mondial du travail, et il est présent dans des pays ayant attend des niveaux de développement socio-économique très variés. Cependant, il est la principale caractéristique des marchés du travail des pays en développement, où le secteur informel a continué de représenter une part importante l’économie nationale au cours des deux dernières décennies. Selon l'ILO (2018), le secteur informel représente plus de la moitié des emplois non agricoles dans la plupart des pays en développement. Tout en offrant l'avantage de permettre plus d’emplois et d’offrir une flexibilité du marché du travail, les économies dotées d'un secteur informel plus important ont tendance à avoir une productivité plus faible, une pauvreté et des inégalités plus élevées, et des ressources fiscales plus faibles (World Bank, 2019).   Les implications de l'informalité ont suscité une attention considérable dans la littérature. La plupart des travaux visent à étudier la manière dont les emplois informels sont créés, et l'effet de la politique fiscale et des institutions du marché du travail sur l'activité économique informelle. Ces études se concentrent sur l'économie réelle et n'analysent pas l'interaction entre le secteur informel et la politique monétaire. De manière surprenante, très peu d'articles ont été consacrés à l'analyse de la politique monétaire lorsque l'économie présente un secteur informel important. L'objectif principal des deux premiers chapitres de cette thèse est de contribuer à cette littérature en étudiant la conception d'une politique monétaire optimale dans les économies avec l'informalité.   Le première chapitre, co-écrit avec Jean-Olivier Hairault, étudie les grands principes de la politique monétaire en fonction de la taille relative du secteur informel. Nous proposons un modèle canonique dans le cadre Nouveau Keynésien (NK) afin de dériver analytiquement ces principes. Notre modèle est une économie NK à deux secteurs où seul le secteur formel est soumis à l’impôt. Dans ce modèle simple, il est possible de caractériser la politique monétaire optimale, et de calculer analytiquement l’impact de la taille du secteur informel sur la politique monétaire.   Dans le deuxième chapitre, j'analyse la conception de la politique monétaire optimale en utilisant un cadre plus sophistiqué. Je développe un modèle d'économie fermée avec deux marchés du travail, formel et informel, qui intègre de frictions de recherche et d'appariement sur le marché du travail dans un modèle NK avec des rigidités nominales sur les prix et les salaires. À la suite de Thomas (2008) et de Gertler et Trigari (2009), j'introduis des négociations salariales nominales échelonnées dans le secteur formel. Dans ce cadre, il est possible d'analyser les implications de l'informalité pour la conception de la politique monétaire optimale dans un scénario de compromis entre inflation et chômage.   Le troisième chapitre s'écarte de l'analyse de la politique monétaire et s'attache à analyser l'incidence de la polarisation de l'emploi dans les économies dotées d'un important secteur informel. La plupart des études sur la polarisation de l'emploi se concentrent sur l'analyse de ce phénomène dans les pays développés. Récemment, certaines études ont trouvé des signes indiquant que l'emploi se polarise également dans plusieurs pays à revenu faible ou intermédiaire. Par conséquent, dans le troisième chapitre, j'analyse l'incidence de la polarisation de l'emploi sur l'informalité à l'aide d'un modèle structurel. Je développe un modèle d'équilibre général avec informalité et choix professionnel endogène, basé sur Autor et Dorn (2013). Je suppose qu'il y a trois secteurs dans cette économie : le secteur des biens, le secteur des services formels et le secteur des services informels. Les travailleurs du secteur des services informels peuvent échapper à l'impôt mais sont moins productifs.

Jury

  • M. Jean-Olivier Hairault (Directeur de thèse), Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • M. Tobias Broer, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • M. Nuno Coimbra, Banque de France
  • M. Aurélien Eyquem, Université Lumière Lyon 2
  • M. Franck Malherbet, ENSAE

Informations pratiques

Date(s)
  • Jeudi 25 novembre 2021 - 16:30
Lieu(x)
  • Visioconférence Afin d'affecter le moins possible la qualité de la visioconférence nous sommes contraints de limiter l'accès au public. Les personnes souhaitant assister à la soutenance devront se rapprocher du candidat.