Vous êtes ici

Soutenance de thèse

Trois essais sur les prix de l'énergie et la transition énergétique

Résumé

Cette thèse tire parti de la remarquable volatilité des prix de l'énergie, tant temporelle que géographique, au cours des deux dernières décennies pour identifier les impacts de l'augmentation du prix des énergies fossiles sur les agents économiques. L'une des principales sources de cette volatilité, la révolution des gaz de schistes aux Etats-Unis, est tout d’abord examinée, avant d'analyser deux sujets de politiques économiques en lien avec la mise en place de la taxation du carbone : le risque de relocalisation de l'investissement industriel résultant d'une dégradation de la compétitivité, et les impacts redistributifs de l'augmentation des prix de l'essence pour les ménages.  Le premier chapitre réalise une analyse statistique détaillée d'une base de données originale de 40 000 puits de gaz de schistes américains afin de calibrer un modèle technico-économique de la profitabilité de l'extraction du gaz de schistes, et conclut que la révolution des gaz de schistes n'est pas reproductible en Europe continentale. Le second chapitre combine une base de données de 70 000 transactions de fusions et acquisitions industrielles recouvrant 41 pays sur une période de 20 ans avec un indice des prix de l'énergie industriels, pour identifier l'impact des prix relatifs de l'énergie sur la localisation de l'investissement industriel. Les résultats impliquent que les firmes tendent à entreprendre plus d'investissements transfrontaliers lorsque les prix domestiques de l'énergie augmentent relativement aux prix étrangers, ce qui confirme l’hypothèse de Pollution Haven. Des simulations contrefactuelles démontrent toutefois que la magnitude de cet effet reste limitée. Le troisième chapitre introduit un modèle dynamique simple de la consommation d'essence des ménages, appliquant le cadre des habitudes rationnelles à la représentation de la dimension intertemporelle de la demande d'essence. Ce modèle est ensuite estimé sur un micropanel de ménages issu du PSID entre 1999 et 2015, en combinaison avec des prix localisés de l'essence. Ces estimations démontrent que la consommation d'essence des ménages est sujette à la formation d'habitude et aux anticipations, et résultent en une élasticité de long terme de -0,88. Des micro-simulations complémentaires suggèrent également l'existence d'interactions entre l'hétérogénéité des comportements dynamiques et la régressivité de l'augmentation du prix de l'essence.  Les résultats de cette thèse renforcent la nécessité des politiques économiques compensatoires visant à améliorer l'acceptabilité de la taxation du carbone par les agents économiques, et fournit des outils qui peuvent contribuer à leur conception et leur calibration.

Jury

  • M. Philippe Quirion (Directeur de thèse), CNRS
  • M. Antoine Dechezleprêtre, London School of Economics
  • M. Jean-Charles Hourcade, EHESS
  • Mme Valérie Mignon, Université Paris Nanterre
  • M. Thomas Sterner, Université de Göteborg (Suède)
  • M. Eric Strobl, Université de Berne (Suisse)

Informations pratiques

Date(s)
  • Vendredi 7 décembre 2018 - 14:30
Lieu(x)
  • CIRED, 45 bis avenue de la Belle Gabrielle 94736 Nogent-sur-Marne