Les archives de l'EHESS au GED : rencontre avec Julien Blanc

Parmi les chargé·es de mission à la présidence figure Julien Blanc, en charge de la politique documentaire et archivistique de l’École depuis mars 2018. Prag en histoire à l’EHESS depuis 2014 et travaillant en histoire contemporaine sur la Deuxième Guerre mondiale et l’Occupation, Julien Blanc s’est vu confier cette mission dans la perspective de l’ouverture, prévue en 2020, du Grand Équipement documentaire (GED) sur le Campus Condorcet.

Rencontre avec Julien Blanc

Comment s’organise votre travail pour assurer la mission qui vous a été confiée ?

La mission archives existait déjà depuis plusieurs années et Judith Lyon-Caen a longtemps assumé cette charge. J’ai repris cette mission pour poursuivre la réflexion sur la politique archivistique de l’École avec, en ligne de mire, l’ouverture du GED à l’horizon 2020.

Ma première initiative a été de créer un groupe de travail (GT) archives à l’École. Il réunit différents acteurs du dossier : les trois membres du service des archives (Naomi Russo, Goulven Le Brech et Baptiste Billaud), deux archivistes de centres (Yamina Irid du CéSor et Nicolas Veysset du CRH), deux bibliothécaires de centres (Elisabeth Dutartre-Michaud du CESPRA et Anabelle Vasquez du CAK) et deux enseignants-chercheurs (Christophe Duhamelle et moi-même).

Notre GT se réunit une fois par mois pour discuter et réfléchir à toutes les questions qui touchent aux archives, de la collecte à la valorisation des documents en passant par leur stockage, leur conservation et bien sûr leur traitement.

Nous traitons et suivons d’abord des dossiers « urgents » comme par exemple les dons d’archives à l’École suite à un décès, un départ en retraite ou un déménagement. Notre travail consiste d’abord ici à établir un inventaire précis du fonds concerné.  Nous enclenchons ensuite une procédure juridique en nous appuyant sur le service juridique de l’École. Celle-ci fixe les conditions et modalités (en particulier en matière de communication) de la donation qui doit être validée par les instances de l’École (Conseil scientifique et Conseil d’administration). Dans un troisième temps, le service des archives organise, en lien avec le service logistique, le transport puis le stockage des archives. Reste enfin le traitement de ces documents afin de pouvoir les rendre communicables c’est-à-dire les valoriser.

D’autres sujets prioritaires requièrent toute l’attention du GT archives : les diverses caves et réserves à vider (celles du 96 boulevard Raspail par exemple) ou le sort des archives placées en dépôt aux Archives nationales…

À moyen terme, notre groupe de travail prépare surtout activement le déménagement vers Condorcet en définissant des priorités et un planning de travail pour le service des archives. Dans cette perspective, l’accent est mis sur le nécessaire regroupement des fonds, sur l’établissement d’inventaires précis (l’état des fonds) et enfin sur le traitement des archives, autrement dit leur classement et leur conditionnement.

Que représentent les archives de l’EHESS ?

Elles représentent une masse considérable. En se basant sur l’état des fonds dont nous disposons aujourd’hui, nous atteignons près de 2,5 km linéaires de documents. Ce chiffre additionne tout à la fois les archives dites « scientifiques » et celles dites « administratives ». Pour l’heure, l’essentiel de ces fonds est stocké dans un vaste entrepôt à Aubervilliers dans d’excellentes conditions de conservation même si d’autres espaces de stockage perdurent sur les différents sites du boulevard Raspail (105, 54, les caves du 96 sont en cours d’évacuation).

En particulier, les archives scientifiques de l’École (fonds des centres et des chercheurs) constituent un véritable trésor qui regroupe des cours, des séminaires, des enquêtes, de la correspondance, des notes, des manuscrits... Pour celles et ceux qui veulent travailler sur les sciences humaines et sociales en France depuis 1948 (date de la création de la VIe section de l’EPHE qui deviendra l’EHESS en 1975), il s’agit là d’une véritable mine d’or.

Les archives de l’EHESS déjà inventoriées sont aujourd’hui consultables. La démarche est simple : il suffit de contacter le service des archives, de prendre rendez-vous et de venir dans la salle de lecture située au 96 boulevard Raspail.

Les archives de l’EHESS au GED ?

Tout ne sera pas transféré au GED. Dès la conception du projet, une distinction a été opérée entre les archives dites « scientifiques » et les archives dites « administratives », même si les frontières entre les deux catégories sont parfois floues. La première mission de notre groupe de travail archives a justement consisté, après recensement, à aiguiller les différents fonds. Ce sont ainsi les « archives scientifiques » seules qui partiront au GED, ce qui représente environ les deux tiers des fonds (en incluant les fonds des centres), soit un total de 5 632 cartons.

Au final, au sein du GED qui regroupe onze établissements partenaires, les fonds de l’École représenteront à eux seuls la moitié des archives implantées.

Quel travail reste-t-il encore à réaliser ?

Beaucoup a déjà été fait en terme de regroupement (entrepôt d’Aubervilliers), d’inventaire et de traitement des fonds. Mais les chantiers ne manquent pas d’ici au transfert vers le GED. Sans exagération, nous sommes engagés dans une course contre la montre. À l’heure où nous parlons, 2 164 cartons (sur 5 632) ne sont pas encore « décrits ». Or, sans une description minimale de son contenu, un carton ne pourra pas partir vers le GED le jour J. La priorité absolue du service des archives dans les mois qui viennent, outre les urgences quotidiennes à gérer, consiste donc à inventorier et à traiter cette masse considérable.

Cette difficulté s’en double d’une autre. En réalité, nombre de ces cartons sont trop lourds (jusqu’à 12 kilos) pour pouvoir être déménagés en l’état et devront donc être au préalable allégés. Cela induira un important travail de reconditionnement et donc de reclassement pour le service.

Quand les archives seront-elles transférées au GED ?

Les échéances sont désormais très proches.

Le premier fonds à être transféré à Condorcet sera, dès 2019, celui du CéSor, avec sa bibliothèque et ses archives. L’essentiel des autres fonds scientifiques sera transféré à l’automne 2020 pour une ouverture du GED début 2021.

Les fonds seront sous la responsabilité du département archives du GED, qui s’occupera de les conserver, les traiter et les valoriser. J’ajoute que les producteurs de ces archives auront toujours un accès privilégié à leurs fonds.

 

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