Huit nouveaux directeurs d'études élus à l'EHESS

À l'occasion de l'Assemblée des enseignants des 15 et 16 avril 2016, Roberto Casati et Laurent Schneider ont été élus sur les deux postes de directeurs d'études cumulants ouverts au concours ; et Etienne Anheim, Céline Béraud, Grégory Chambon, Georges Didi-Huberman, Sébastien Lechevalier et Cécile Vidal ont été élus sur les six postes de directeurs d'études.

Roberto Casati, sur un projet intitulé Des outils pour la connaissance : une théorie générale du design et de ses conséquences sociales

Roberto Casati est directeur de recherche au CNRS. Il a étudié avec Andrea Bonomi et Giovanni Piana à Milan, où il obtient en 1992 son doctorat sur les Événéments. Il a travaillé sur différents projets de recherche en philosophie de la perception, en particulier sous la direction de Barry Smith, et a enseigné dans plusieurs universités parmi lesquelles l'Université de New York à Buffalo. Plus récemment, il a été professeur invité à l'Université IUAV de Venise, à l'Université de Turin, et l'Université de Columbia.

Laurent Schneider, sur un projet intitulé Archéologie des territoires et des paysages du haut Moyen Âge occidental

Laurent Schneider est directeur de recherche au CNRS. Il obtient son doctorat en 1996 à l'Université d’Aix-Marseille. C'est en 2013 à l'Université François Rabelais de Tours qu'il valide son Habilitation à diriger des recherches avec une thèse sur les Recherches d’archéologie médiévale en France méditerranéenne : formes et réseaux de l’habitat, lieux de pouvoirs, territoires et castra du haut Moyen Âge (VIe-XIIe s.). Il est l'auteur en 2016 de Genèse d’une villa carolingienne de l’arrière-pays biterrois (VIe-Xe s.) pour la revue Archéologie du Midi Médiéval (n° 32-2014, 2016, p. 93-121).

Étienne Anheim, sur un projet intitulé Sociologie historique de la culture en Europe (XIIe-XVIe s.)

Ancien élève de l’ENS Fontenay/St-Cloud (1993-1998), agrégé d’histoire (1996), docteur en histoire (2004) ancien membre puis chargé de recherches CNRS à l’École française de Rome (2002-2006), les travaux d'Étienne Anheim ont d’abord porté sur l’histoire de la culture savante à la fin du Moyen Âge, en particulier sur la scolastique et la musique polyphonique. Ses recherches s’orientent désormais vers l’histoire économique, sociale et matérielle de la peinture ainsi que, plus largement, vers l’histoire des pratiques de l’écrit entre le XIIIe et le XVe siècle, en même temps qu’elles abordent des questions d’historiographie et d’épistémologie de l’histoire. Il collabore également aux comités de rédaction des revues Synthèse, Médiévales et Annales.

Céline Béraud, sur un projet intitulé Genre et religion

Née en 1974, Céline Béraud est ancienne élève de l’École normale supérieure de Cachan, agrégée en sciences sociales et docteure en sociologie. Elle consacre ses recherches à l’étude du catholicisme, croisant des problématiques propres à la sociologie des religions, certaines relevant de la sociologie du travail et des professions, d’autres de la sociologie des institutions et d’autres encore d’une sociologie du genre. Elle a publié plusieurs essais dont Catholicisme en tensions – lignes de force, interrogations et changements, avec Frédéric Gugelot et Isabelle Saint-Martin (EHESS, mai 2012), Prêtres, diacres, laïcs -  Révolution silencieuse dans le catholicisme français (PUF, 2007), ou encore Le métier de prêtre (Editions de l’Atelier, 2006).

Grégory Chambon, sur un projet intitulé Savoir et culture matérielle au Proche-Orient Ancien (IIIe-Ier millénaire av. J.-C.)

Grégory Chambon obtient son doctorat en 2005 à l'École pratique des hautes études (Paris) sous la direction de Jean-Marie Durand. Il valide en 2010 son Habilitation à diriger des recherches à l’Université de Bretagne occidentale avec une thèse intitulée Des chiffres et des hommes : recherches sur les usages socioculturels des nombres et des mesures au Proche-Orient ancien. Il consacre aujourd'hui ses recherches à l'histoire des techniques, des arithmétiques pratiques et des procédés de comptabilité au Proche-Orient ancien, ainsi qu'à l'histoire des représentations conceptuelles et écrites des nombres dans l'Antiquité.

Georges Didi-Huberman, sur un projet intitulé Poétique des images

Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l’art, enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales. II a publié une trentaine d’ouvrages sur l’histoire et la théorie des images, dans un large champ d’étude qui va de la Renaissance jusqu’à l’art contemporain, et qui comprend notamment les problèmes d’iconographie scientifique au XIXe siècle et leurs usages par les courants artistiques du XXe siècle. Il a également été pensionnaire à l'Académie de France à Rome (Villa Médicis) et résident à la Fondation Berenson de la Villa I Tatti à Florence.

Sébastien Lechevalier, sur un projet intitulé Capitalismes asiatiques : diversité et changement institutionnel

Docteur en sciences économiques, Sébastien Lechevalier a obtenu son Habilitation à diriger des recherches en 2013 à l'Université Paris 1. Ses recherches s'articulent autour du renouveau de l’Etat développeur en Asie, de la compréhension de la dynamique des systèmes de protection sociale en Asie. Il collabore également au programme Marie Curie et GDRI CNRS intitulé Finance et emploi en Asie: comprendre les changements organisationnels et institutionnels. Il est l'auteur avec Brieuc Monfort de l'ouvrage à paraître Leçons de l'expérience japonaise : vers une autre politique économique ? (Collection du CEPREMAP n° 41, Editions ENS rue d’Ulm, 2016).

Cécile Vidal, sur un projet intitulé Mondes atlantiques, formations impériales et situations coloniales

Cécile Vidal obtient son Habilitation à diriger des recherches à l'Université Paris-Sorbonne en 2014. Ses travaux portent sur l’histoire sociale des empires et des mondes atlantiques à la période moderne, en particulier de l’Empire français. Outre Histoire de l’Amérique française  (2003 ; 4e ed. 2014), co-écrit avec Gilles Havard et récompensé par deux prix, elle est l’auteur d’une vingtaine d’articles ou chapitres d’ouvrage et l’éditrice de sept ouvrages collectifs ou numéros spéciaux de revue, dont Louisiana : Crossroads of the Atlantic World (2013) et Français ? La nation en débat entre colonies et métropole, XVIe-XIXe siècle (2014). Elle achève actuellement une histoire sociale de La Nouvelle-Orléans sous le Régime français dans une perspective impériale et atlantique, dont le titre provisoire est Caribbean New Orleans: Urban Genesis, Empire, and Race in the Eighteenth-Century French Atlantic, tout en commençant un nouveau projet de recherche sur suicide, traite et esclavages dans les mondes atlantiques français et britanniques aux XVIIIe et XIXe siècles.