Sébastien Lechevalier devient directeur d'études à l'EHESS

Sébastien Lechevalier a été élu directeur d’études à l’EHESS par l’assemblée des enseignants en avril 2016 avec un projet de recherche intitulé Capitalismes asiatiques : diversité et changement institutionnel.

Économiste de formation, Sébastien Lechevalier propose un programme de recherches au carrefour de l’économie politique, de la socio-économie et de l’histoire économique. Auteur de plusieurs ouvrages sur l’économie japonaise (La grande transformation du capitalisme japonais, 2011 ; Leçons de l’expérience japonaise. Vers une autre politique économique ?, 2016), il a aussi édité plusieurs numéros spéciaux de revue, notamment « Vers un renouveau de l’Etat développeur en Asie ? » (Critique Internationale, 2014) et « Bringing Asia into the Comparative Capitalism Perspective » (Socio Economic Review, 2013). Il est également l’un des fondateurs du réseau de recherches « Capitalismes asiatiques » au sein de SASE (Society for the Advancement of Socio-Economics). Sur la base de l’expérience accumulée sur le cas japonais, il souhaite étendre ses recherches à d’autres formes de capitalismes en Asie tout en procédant à des comparaisons avec l’Europe.

Le projet de recherche et d’enseignement « Capitalismes asiatiques : diversité et changement institutionnel » vise à contribuer à une économie politique du changement institutionnel et de la diversité des capitalismes. Son objectif principal est de comprendre les trajectoires des capitalismes asiatiques. Ce projet se définit par ses objets (Etat et développement, inégalités et protection sociale, libéralisation et diversité des entreprises), ses méthodes (économie politique institutionnaliste et historique) et ses terrains (géographie variable de l’Asie).

Si le Japon occupe une place si particulière au sein des capitalismes asiatiques c’est avant tout parce qu’il a été le premier pays non occidental à réussir son industrialisation. Cette expérience a constitué une référence pour la plupart des gouvernements d’Asie orientale, particulièrement intéressés par l’intervention systématique de l’Etat japonais pour tirer le développement du pays tout en promouvant les mécanismes de marché, théorisée ex post à travers le concept d’Etat développeur. Le premier axe de ce projet vise à mobiliser de façon critique ce concept pour analyser les trajectoires de développement en Asie ainsi que le renouveau du rôle de l’Etat en matière économique dans un contexte de post-développement et de libéralisation.

Cette ambiguïté du rôle de l’Etat en Asie apparaît encore plus vivement au niveau des systèmes de protection sociale, dont l’étude comparative constitue le second grand axe de ce projet. L’hypothèse de départ est que la protection sociale est au cœur du changement institutionnel au Japon, en Corée et en Chine, dans un contexte de redéfinition du compromis social. Cela requiert une analyse conjointe, dans une perspective d’économie politique, des changements affectant des institutions comme la famille et l’entreprise, du processus de vieillissement des sociétés et de la montée des inégalités. Ces différentes évolutions sont en effet interprétées comme les manifestations de contradictions internes, qui requièrent le développement de nouveaux systèmes de protection sociale pour être dépassées.

Enfin, ce projet vise à contribuer à l’évolution du programme de recherches de l’économie politique de la diversité des capitalismes, en adoptant une approche se focalisant sur les liens entre libéralisation au niveau institutionnel et diversité croissante des entreprises, et en explorant de nouveaux terrains, ignorés par les études antérieures. C’est le cœur du programme INCAS.

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Chercheur(s):
Sébastien Lechevalier